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Eloïse DESMARIS

Eloïse Desmaris

Comportementaliste

établir une cohabitation harmonieuse avec votre animal

éducation canine aux méthodes respectueuses de l'animal

Nouvelle

12
Juil.
 

Les contacts entre chiens

Le 12/07/2019 à 00h00 par Calio

Les interactions entre chiens

 

Vous avez été nombreux par mail à me questionner sur les interactions entre chiens.

-       Doit-on tout laisser faire ?

-       Comment savoir si mon chien est en train de jouer ou non ?

-       L’autre chien est beaucoup plus gros que le mien je peux les laisser jouer quand même ?

-       Quand est-ce que le jeu « dérape » ?

Sont les questions qui reviennent le plus souvent, alors je me lance J

 

Lorsque j’ai commencé à exercer (soit, il y a déjà un peu plus de 10 ans !) nous étions encore nombreux à recommander de « laisser faire », que les chiens vont pouvoir se réguler seuls. Oui … et non. Si cela est tout à fait vrai pour des chiens qui possèdent de bons codes et capacités de communication, nombreux sont les chiens d’aujourd’hui qui manquent de contacts sociaux. Ce manque peut entrainer toutes sortes de comportement (forte excitation, manque de contrôle de soi, aboiements, peurs, etc.). Comportements qui viennent gêner, vous l’aurez deviné, les rapports entre congénères. Le chien est comme nous, lorsque l’on n’est pas en confiance, que l’on a peur, que l’on est stressé ou encore excité, notre communication n’est pas aussi fluide et bien souvent cela créé des conflits non voulus… on mets les « pieds dans le plat », on « fait des gaffes » etc.

 

Chez le chien ces difficultés de communication peuvent aussi dégénérer en conflit. D’autant plus que le chien doit non seulement se gérer soi-même, gérer son congénère… mais aussi son propriétaire en bout de laisse (donc nous). Vous le savez, notre comportement et nos émotions vont impacter notre chien et donc ces contacts avec ses congénères. Vous avez certainement déjà entendu « Mon chien, n’a pas la même attitude en laisse qu’en liberté », « Mon chien n’a pas le même comportement avec moi qu’avec mon mari » etc.

 

Ces deux premiers points vous invitent à vous questionner sur :

-       les besoins en contacts sociaux de votre chien (certains en souhaitent beaucoup, d’autres se contentent de l’un ou l’autre copain)

-       vos émotions lors des rencontres : êtes-vous calme, détendu, cela vous fait plaisir de voir votre chien avec un autre  ? ou au contraire vous êtes stressé, énervé, tendu, impatient… Vous pouvez aussi vous demander si cette situation vous rappelle un mauvais souvenir ? Plus vous pourrez gérer la situation dans le calme, la détente, plus votre chien ressentira cette confiance et plus il pourra lui aussi être en confiance.

 

J’en reviens au « laisser faire »… laisser faire lorsqu’un chien se montre brute avec un autre ? laisser faire lorsque son chien à peur lors de l’interaction ? Laisser faire lorsque l’un des deux chiens et toujours en posture basse, voire sur le dos ? Je ne pense pas qu’il soit judicieux de « laisser faire » dans ces cas-là. Pourquoi ? Car, que vont apprendre ses chiens ou chiots si la situation se répète ? : que celui qui brutalise, peut brutaliser davantage pour obtenir quelque chose, celui qui a peur, qu’il faut craindre davantage les interactions. Celui qui a peur peut même anticiper ces situations et développer de l’agressivité pour tenter de ne pas subir ces contacts. Dans ces situations en aucun cas le calme du chien est valorisé. Or le calme, permet la réflexion et l’écoute.

 

Alors comment faire et quels signes repérer pour des contacts amicaux et bienveillants entre congénères ?

 

1.     Le rapport poids/taille

Un grand chien, sans être agressif, peut par sa taille heurter un chien de petite taille ou un chiot. Si le grand chien, ou le chien adulte n’est pas capable d’adapter sa force au congénère en face, mieux vaut stopper l’interaction. Un coup de patte mal placé et le chien de petite taille peut être en difficulté. Ici j’inclus également les races à « morphotype difficile » tel que les teckels par exemple (attention au coup de patte sur leur dos). Certains grands chiens sont parfaitement capables d’adapter leurs forces physiques en fonction de l’individu qu’ils ont en face, dans ce cas aucun soucis on joue ! Certains grands chiens jouent même couchés lorsqu’ils sont en présence de plus petit qu’eux.

2.     Les signaux envoyés par votre chien lors de l’approche ou de l’interaction

En tant que propriétaire, vous êtes le gardien, l’individu de confiance pour votre chien, votre but est ainsi de le mettre en confiance, de lui permettre de se sentir bien. Il est de votre devoir, si votre chien est en difficulté de l’aider. On n’imagine pas laisser son meilleur ami ou proche dans la difficulté alors pourquoi le ferait-on pour notre chien ? Si votre chien se cache derrière vos jambes, vous saute dessus : écoutez-le. Décalez-vous pour laisser plus d’espace entre votre chien et son congénère. Votre chien, avec plus d’espace, se sentira plus à l’aise et s’il le souhaite pourra retenter un contact.

Dans ce point 2, il est nécessaire également d’aborder les signaux d’apaisement/d’évitement et les signaux de peur chez votre chien. Si ces signaux vous sont inconnus ou si la notion est floue, je vous invite à me laisser un commentaire et se sera le sujet d’une prochaine publication. Si à l’aide de ces signaux, vous remarquez que votre chien est mal à l’aise ou à peur lors de l’interaction, stoppez l’interaction.

3.     Les signaux du congénère

Ce que vous observez pour votre chien est valable pour le chien d’en face ! Votre chien est à l’aise mais le chien d’en face à la queue entre les pattes et tente de fuir ? soulager-le, rappeler votre chien et continuez votre chemin ! Même si l’autre propriétaire vous dit « il est gentil ! » L’autre propriétaire n’a peut-être pas les connaissances que vous avez et ne sait peut-être tout simplement pas que son chien n’est pas bien. Alors sans vous lancer dans un grand discours, vous pouvez juste continuer tranquillement votre balade ;)

4.       Un jeu d’équilibre

C’est parti, votre chien joue avec un autre ! oui mais quand même… ils grognent… et ils font des roulés/boulés ou se mordent… vous ne savez pas si c’est bon ou pas. Voici les principales questions à vous poser :

-       Les chiens ont-ils le corps détendu ou crispé ? détendu on continu, crispé on arrête. Détendus, ils auront des mouvements fluides, doux. Crispés les mouvements seront saccadés et les corps seront tendus/raides

-       Les chiens échangent-ils de rôle ? une fois c’est l’un qui poursuit l’autre et puis le jeu s’inverse ? idem une fois c’est l’un qui est sur le dos et puis c’est l’inverse ? ok on continue. Si c’est toujours l’un qui court après l’autre, toujours l’un qui est couché sur l’autre ? on arrête

Ici on recherche un équilibre entre les deux chiens.

Il est aussi possible de faire une pause et de reprendre le jeu si l’un des deux chiens s’excite de trop sans pour autant tout arrêter. Si vous souhaitez reprendre le jeu, je vous recommande d’attendre que le chien soit véritablement calme avant de le laisser libre à nouveau.

5.     Les deux chiens vivent ensemble et il y a tensions/conflits, quand intervenir ?

Grande question ! Ici je fais une parenthèse sur le fait que bien souvent nos chiens n’ont pas choisis de vivre ensemble. C’est nous, qui par choix de préférence pour tel race, tel individu les mettons ensemble et leur demandons de cohabiter. Alors parfois, cela créé des tensions.

Pour cette question il m’est difficile et délicat de vous donner des pistes de réflexions, car chaque situation sera différente. Différente, en fonction des individus en présence, de votre lieu de vie et bien sûr de votre attitude face à ces interactions. Mais voici tout de même des premiers conseils :

-       Qu’est ce qui initie le conflit : que se passe-t-il avant que cela ne démarre ? peut-être qu’il suffit de réaménager quelques détails pour que la situation s’améliore

-       Est-ce que le conflit arrive toujours à un même lieu/moment ? vous trouverez peut-être là aussi des pistes pour améliorer la situation

-       Quels sont vos émotions et vos attitudes lors de ce conflit ?

-       Faites-vous confiance : c’est vous qui connaissez le mieux vos chiens, si vous ressentez que l’un est en difficulté, agissez. Inutile de laisser la situation s’envenimer.

6.     Faites confiance et lâcher prise !

Votre chien à de bons codes sociaux ? il s’entend parfaitement avec ces congénères, alors faites lui confiance. C’est lui qui parle chien et pas vous : souvent nous sommes surpris de ce dont ils sont capables ! Lâcher prise sur notre souhait de contrôle de notre chien est très difficile, mais c’est dans le lâcher prise que bien souvent les plus belles choses arrivent.

 

Je pourrais écrire encore beaucoup sur les rencontres/interactions entre chien, j’attends vos retours pour approfondir l’un ou l’autre sujet en fonction de vos besoins !

 

Pour résumer : observation, connaissances, équilibre et confiance sont les maîtres mots. 

 

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Belles rencontres à tous

Eloïse Desmaris

Comportementaliste